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jeudi 30 juillet 2020
samedi 22 février 2020
mardi 17 décembre 2019
Un conte pour l'apocalypse ......suite
Conte
pour l'apocalypse suite
Laure
rentrait chez elle comme souvent le jeudi, avec un sentiment de
mélancolie et d'impatience tout à la fois.
Elle
était née à Paris, elle aimait cette ville passionnément mais
depuis le mois d'avril et l'incendie de Notre Dame, elle traînait
avec elle un malaise, un sentiment d'irréparable, comme après la
perte d'un être cher.
On
était déjà au mois de Décembre et la pauvre cathédrale blessée
restait omniprésente dans son cœur même lorsqu’elle ne la
voyait pas. Elle avait pu constater auprès de ses amis que tout le
monde ressentait cette perte : la dernière visite qu'elle avait
faite chez une tante habitant dans une rue proche avec vue sur ND
l'avait encore plus attristée.
On
voyait cet échafaudage de métal, origine du mal, planté dans
l'échine de ND comme un poignard, un crabe monstrueux, fondu en elle
et qui ne voulait pas sans aller.
Quelle
chimiothérapie pourrait en venir à bout ?
Elle
sortie du métro, plongée dans ses pensées. Remonta la rue en pente
qui menait chez elle, non sans avoir vu ce chien maigre et grand qui
attendait visiblement quelqu'un à la sortie de l'escalier.
Il
était seul, et apparemment sans collier, mais elle était sûre
qu'il appartenait à quelqu'un.
Elle
monta par l'ascenseur, alors qu'elle n'aimait son côté ancien et
rabougri.
Avant
de ressortir pour dîner avec ce photographe et ami japonais,
elle prépara avec soin son sac à dos pour partir directement en
montagne le lendemain après sa journée.
Elle
était libre de ses horaires, mais avait justement un rendez-vous de
travail vers 15h, et avec les grèves, il faudrait un certain temps
pour sortir de Paris.
Elle
arrosa ses plantes, terrasse et intérieur, puis alla se changer.
Ce
soir, elle mettrait cette robe de mousseline bleu foncé, décolleté
dans le dos, qui mettait en valeur sa carnation . Un bracelet de
tissu, et son parfum , un trench par dessus et sa pochette à la main
avec l'indispensable.
Elle
ressortit.
Il
l'attendait depuis quelque minutes, et il fut une nouvelle fois ravi
par sa démarche, son allure d'adolescente montée en graine, un peu
timide et audacieuse à la fois. Il remarqua qu'elle portait des
chaussures à talons hauts, et il sut que c'était pour lui faire
plaisir, car elle préférait les baskets…..
Il
s'embrassèrent brièvement, et il lui prit la main pour aller au
restaurant dans une petite rue près de Notre Dame.
Ils
aimaient ce quartier tous les deux, bien qu'il sentait en elle le
désamour s'installer à l'égard de cette ville, qu'elle ne
reconnaissait qu'en partie.
Il
n'y avait pas que Notre Dame : les manifestations violentes, durement
réprimées avec des blessés graves, les dégradations qui avaient
commencé par l'Arc de Triomphe , où elle se vantait en riant
d'avoir le nom d'un de ses aïeux inscrit…...tout cela , la
brutalité, la force qui ne maintenait l'ordre que dans les têtes
malades des dirigeants, la faisait se détacher de Paris, à regrets,
mais se détacher tout de même.
C'est
grâce à ce désamour qu'il lui avait proposé de partir s'installer
chez ses parents, près de Tokyo.
Elle
ne savait que lui dire…...elle n'était pas prête à partager à
nouveau la vie de quelqu'un même aussi talentueux que lui, même
aussi beau, même aussi amoureux.
Elle
lui avait demander d'attendre un an.
Ils
décideraient ensemble à Noël 2020.
En
attendant, ils profitaient de ce bonheur doux et calme qui existait
entre eux,
Ils
se quittèrent au retour sur le pont qui allait vers l’île de la
cité, après avoir regardé ensemble la Seine couler impassible sous
eux.
Il
la regarda s'éloigner rapide et semblait-il joyeuse puis reparti
dans l'autre direction pour rentrer chez lui.
Le
lendemain matin, elle se leva de bonne humeur, et se prépara pour
partir en fin d'après midi vers la montagne pour rejoindre une
partie de la famille qui lui restait.
Il
faisait relativement clair, et très doux, comme presque toujours à
Noël, alors qu'on aurait aimer voir la neige tomber pour que le
décor soit complet.
Elle
écrivit deux articles qui étaient en retard, pris quelques photos
pour les illustrer, avala un sandwich tout en regardant les nouvelles
sur son téléphone.
Tout
était assez décourageant comme d'habitude , mais elle échangea
avec ses amis lointains puis, remis son sac sur ses épaules et
partit à pieds à son rendez vous de travail .
La
jeune femme qui la reçue était très aimable, mais le travail
qu'elle lui proposait ne l'intéressait pas : il s'agissait de
suivre des « peoples » et pour l'instant elle , qui était
en free lance, pouvait se permettre de refuser.
Et
puis ce fut déjà l'heure de se rendre vers la gare de Lyon par
n'importe quel moyen.
Finalement,
elle prit un taxi en co voiturage, deux autres personnes allaient
gare de Lyon dans l'espoir d'avoir un train pour le Sud Est.
Il
s'agissait d'un père et de son fils, le petit garçon avait l'air
très ronchon, le père aussi d'ailleurs, mais c'était
compréhensible vu les circonstances. Elle comprit rapidement que
c'était un petit garçon partagé, qui partait chez sa mère et
grands parents maternels pour les vacances.
Elle
se mit à penser à Zazi dans le métro, le film, et du coup elle en
raconta une partie au petit garçon, Thomas, qui fut ravi.
Quand
il éclatait de rire, on voyait qu'il avait encore ses dents de
lait……
Hélas,
les encombrements étaient tels, qu'elle décida de marcher plutôt
que d'attendre……
Ce
fut dans ces circonstances, qu'elle entendit brusquement des sirènes
hurler, la ville autour d'elle se figer et les gens commencer à
s'attrouper sur le pont qui traversait la Seine à cet endroit
Instinctivement
elle regarda vers Notre Dame, mais elle ne vit rien, de la
poussière ? De la fumée à nouveau ! Tant pis! la montagne
attendrait. Elle revint à pieds vers l’île de la cité.
Exténuée, il faisait déjà nuit, il faut dire que c'était
les jours les plus courts de l'année.
Elle rejoint un groupe qui regardait la cathédrale.
Horreur,
un des deux beffrois, celui de droite semblait s'être écarté de
l'autre, il penchait vers l'extérieur.
Et
là dans une vision d'apocalypse, il continua sa chute et dans un
bruit dantesque s'effondra , entraînant dans sa chute l'autre
beffroi, les cloches et tout le reste de la cathédrale, les bâches,
échafaudages et autre contreforts de bois.
Un
silence épouvantable succéda à ce vacarme. Même les sirènes se
turent un instant.
La
sidération était telle que personne semblait réaliser ce qui
venait de se produire.
Elle
regarda ses voisins, vieillis, gris, comme elle devait l'être elle
même.
Alors , un chagrin insoutenable l'envahit, elle pensa au bourdon qu'elle avait visité avec son père quand elle était fillette, son père disparu trop tôt,.
Elle
se détacha du groupe, enjamba le parapet du pont et sauta dans
l'eau.
Elle
avait oublié qu'elle était une très bonne nageuse, mais
heureusement, son sac à dos lui frappa la nuque et elle perdit
conscience.
Elle
se réveilla en sentant les pavés du quai sous son dos et ses
fesses.
Un animal , un chien pour tout dire, l'avait harponnée par
son blouson et la retirait du fleuve…….
vendredi 29 novembre 2019
mercredi 4 septembre 2019
Un conte pour l'apocalypse
Un
conte pour l'apocalypse
C'était
un animal puissant , dans la force de l'âge pour son espèce, le
poil gris et brillant, la gorge blanche.
Une
dentition impeccable à faire frémir un dentiste.
Il
était né dans les Apennins, cette partie d'Italie proche de la
frontière. Il connaissait l'histoire de Rome et de l'une de ses
ancêtres, il connaissait aussi malheureusement beaucoup d'histoires
tristes qui parlaient de lui et des siens, pourchassés, décimés,
au point de disparaître presque complètement de la surface de la
terre.
Il
était pris non pas de colère, mais d'une forme de grande lassitude
en pensant à tous ces mensonges
Prenons
par exemple le petit chaperon rouge.
Combien
de fois n'y avait il pas pensé en le rencontrant sous diverses
formes toutes plus craquantes les unes que les autres.
Ce
n'était pas lui qui avait été les chercher, encore moins lui qui
avait mangé leur grand-mère (enfin quoi ! Il respectait les
personne âgées).
C'était toujours elles brunes blondes ou rousses qui s'étaient mises volontairement en travers de son chemin……..toutes avec l'espoir de l'apprivoiser définitivement.
C'était toujours elles brunes blondes ou rousses qui s'étaient mises volontairement en travers de son chemin……..toutes avec l'espoir de l'apprivoiser définitivement.
L'une
d'entre elle avait failli y parvenir…..et il en avait encore les
larmes aux yeux de tendresse.
Enfin
bref, il voulait partir, découvrir d'autres terres avoir un nouveau
départ.
Il
avait un pincement au cœur en quittant l'Italie et ce professeur qui
avait prédit qu'un jour lui et ses congénères envahiraient
Florence…...mais tant pis ...il verrait bien.
Il
prépara deux trois choses qu'il voulait garder et jetant un dernier
regard de la colline où il se trouvait, d'un bond puissant s'enfonça
dans les fourrés qui rejoignaient la forêt.
Le
loup était parti.
Il
avait choisi de faire un voyage sans contraintes et n'avait pas
prévu d'itinéraire particulier, excepté bien sur ceux qui lui
feraient prendre de trop gros risques.
Il
était conscient qu'en laissant sa contrée natale derrière lui,
ainsi que sa meute, il multipliait les aléas. Mais peu lui
importait : il avait encore une grande confiance en lui et en
ses capacités mentales et physiques,, à juste raison.
Il
décida de remonter vers le nord, il passerait la frontière par un
col dont il avait entendu parler, et qui en cette
saison était peu fréquenté et d'ailleurs fermé aux véhicules
routiers.
Ces
drôles de bêtes à moteur que conduisaient les hommes et qui
bientôt allaient les étouffer de gaz d'échappement.
Il
chemina sans problème, se désaltérant à l'eau courante d'un
torrent ( ah ça lui rappelait le loup et 'agneau!!!! d'un dénommé
La Fontaine)
se
nourrissant de campagnols, oiseaux, écureuils ou renard).
Petit
à petit, la mousse laissait la place à la pierre lisse, les herbes
et campanules bleues et roses, à une prairie rase .
les
grands dévers de rochers impressionnants et leurs rhododendrons
annonçaient un sommet ou un col.
C'était
le cas, il sentit l'odeur de la neige dans le vent qui se levait
brutalement ; la nuit était en train de tomber. Il pris la
décision de s'arrêter là couché dans les rhododendrons, raides
pris individuellement, mais souples arrondis en nombre sous son
échine lourde et musclée.
En
plus il y avait ce parfum moitié fleur, moitié fruit qu'il aimait
profondément.
Il
fut réveillé par des chuchotements, des pas traînant et une voix
qui disait non, non pas là il faut passer le col.
Des
hommes approchaient, malgré son regard perçant, il ne les
distinguait pas.
Tout
à coup, il vit deux ombres, grandes toutes les deux, vêtues de
pantalons et veste.
Il
était étonné de la légèreté des pas . Généralement les
montagnards sont chaussés assez lourdement, et leur pas résonne
dans le fond de la terre.
Il
resta immobile, prêt à déguerpir s'il le fallait.
Les deux hommes plutôt grands, passèrent, leurs pas et leurs silhouettes se fondant dans la nuit.
Les deux hommes plutôt grands, passèrent, leurs pas et leurs silhouettes se fondant dans la nuit.
Le
lendemain à l'aube, le loup se réveilla avec une impression de
danger qui lui fit se hérisser le poil, et froncer les babines.
Il
prit le vent, très froid et ayant senti une odeur d'homme, reprit
son chemin prudemment.
Quelques
mètre avant le col , il vit un corps allongé qui semblait dormir
mais au milieu du chemin ,tout de même !
Il
s'approcha à pas de loup, naturellement, et il vit un homme jeune
inanimé. Il s'approcha, le lécha, il n'était pas froid un
sentiment de pitié l'envahit et il décida de le traîner devant la
petite cabane du col.
L'homme
n'était pas très lourd, mais encombrant, il le déposa devant la
porte non s'en l'avoir lécher à nouveau, jusqu'à le sentir frémir,
et même vaguement soupirer. Il s'en fut alors en courant, mais
malencontreusement fit tomber une sorte de boite de conserve qui se
trouvait sous ce qu'il pensa être une gouttière.
Du
bruit se fit entendre dans la cabane, au loin déjà derrière lui
il entendit des exclamations : des paroles ….il ralentit pour
écouter ; ils avaient trouvé le jeune homme, ils allaient
s'occuper de lui.
Malheureusement
pour le loup, le groupe n'était pas homogène : l'un des
protagonistes s'exclama ...mais c'est quoi ces traces ?? un
loup !!! et le voila de courir chercher son fusil et en hurlant
se lancer à la poursuite de l'animal.
Heureusement
ses capacités de coureur était moindre que celles du loup qui lui
échappa et reprit son chemin sous le couvert d'une forêt encore
petite mais suffisante pour lui.
Dans
l'après midi, il se reposa non loin de fermes, et il comprit qu'il
avait franchit la frontière car le bruit que faisait les hommes avec
la bouche avait changé de sonorité.
Il
était en France : cela lui convenait ; il avait toujours
eu envie de voir Paris, lui qui venait,
ou tout comme d'une capitale aussi belle, Rome.
ou tout comme d'une capitale aussi belle, Rome.
à suivre......
mardi 23 juillet 2019
Elle avait enfin obtenu cette rencontre, cet interview comme on dit en français.
Elle n'y croyait pas encore tout à fait, une sorte de superstition douteuse lui nouait l'estomac.
Néanmoins, elle partit, juste avec son mobile, et un carnet au cas où il serait trop effarouché.....
La maison dans une rue tranquille était bien telle que sa mère lui avait décrite ni imposante, ni particulièrement belle : un peu triste et humide par ce jour d'automne pluvieux.
Le jardin était minuscule et à l'abandon, le perron blanc encore se frayant un chemin à travers les buissons un peu poussiéreux et déplumés.
Elle détestait le buis, ce buisson qui évoquait pour elle des feux plein d'étincelles dans la Drôme, et non pas ces vieux machins sans odeur, même pas bons pour un cimetière.
Finalement elle était de très mauvaise humeur et ce ne fut que cette vieille habitude bue avec le lait maternel, du respect humain qui la fit entrer.
La porte un peu vermoulue était entr'ouverte, elle la poussa découvrit sans surprise l'escalier qui montait et les deux portes imposantes de part et d'autre de l'entrée, carrelée en blanc et noir.
Elle frappa à la porte de droite, puis l'ouvrit sans attendre de réponse :
il était là : immobile derrière un bureau encombré et devant la cheminée surmontée de l'inévitable miroir .
Il la regarda de derrière ses grosses lunettes d'un regard perçant, en contradiction avec le vague sourire sur ses lèvres.
Il lui fit signe de s'asseoir et lui dit seulement ceci :
Quel dommage, Luce, vous êtes venue trop tard.
Elle faillit protester puis dans le même temps elle comprit.
Elle sut que oui c'était trop tard, il avait raison, elle n'aurait jamais dû venir.....
Au moment ou elle allait franchir la porte à nouveau, il ajouta seulement ceci : j'ai bien aimé votre lumière....
Ah non, elle savait bien qu'il ne fallait pas venir.....maintenant elle allait pleurer dans son cœur :
pour combien de temps ?
Elle n'y croyait pas encore tout à fait, une sorte de superstition douteuse lui nouait l'estomac.
Néanmoins, elle partit, juste avec son mobile, et un carnet au cas où il serait trop effarouché.....
La maison dans une rue tranquille était bien telle que sa mère lui avait décrite ni imposante, ni particulièrement belle : un peu triste et humide par ce jour d'automne pluvieux.
Le jardin était minuscule et à l'abandon, le perron blanc encore se frayant un chemin à travers les buissons un peu poussiéreux et déplumés.
Elle détestait le buis, ce buisson qui évoquait pour elle des feux plein d'étincelles dans la Drôme, et non pas ces vieux machins sans odeur, même pas bons pour un cimetière.
Finalement elle était de très mauvaise humeur et ce ne fut que cette vieille habitude bue avec le lait maternel, du respect humain qui la fit entrer.
La porte un peu vermoulue était entr'ouverte, elle la poussa découvrit sans surprise l'escalier qui montait et les deux portes imposantes de part et d'autre de l'entrée, carrelée en blanc et noir.
Elle frappa à la porte de droite, puis l'ouvrit sans attendre de réponse :
il était là : immobile derrière un bureau encombré et devant la cheminée surmontée de l'inévitable miroir .
Il la regarda de derrière ses grosses lunettes d'un regard perçant, en contradiction avec le vague sourire sur ses lèvres.
Il lui fit signe de s'asseoir et lui dit seulement ceci :
Quel dommage, Luce, vous êtes venue trop tard.
Elle faillit protester puis dans le même temps elle comprit.
Elle sut que oui c'était trop tard, il avait raison, elle n'aurait jamais dû venir.....
Au moment ou elle allait franchir la porte à nouveau, il ajouta seulement ceci : j'ai bien aimé votre lumière....
Ah non, elle savait bien qu'il ne fallait pas venir.....maintenant elle allait pleurer dans son cœur :
pour combien de temps ?
jeudi 18 juillet 2019
La francesa de Roberto BolanoLA FRANCESA
Una mujer inteligente.
Una mujer hermosa.
Conocía todas las variantes, todas las posibilidades.
Lectora de los aforismos de Duchamp y de los relatos de Defoe.
En general con un auto control envidiable,
Salvo cuando se deprimía y se emborrachaba,
Algo que podía durar dos o tres días,
Una sucesión de burdeos y valiums
Que te ponía la carne de gallina.
Entonces solía contarte las historias que le sucedieron
Entre los 15 y los 18.
Una película de sexo y de terror,
Cuerpos desnudos y negocios en los límites de la ley,
Una actriz vocacional y al mismo tiempo una chica con extraños rasgos de avaricia.
La conocí cuando acababa de cumplir los 25,
En una época tranquila.
Supongo que tenía miedo de la vejez y de la muerte.
La vejez para ella eran los treinta años,
La Guerra de los Treinta Años,
Los treinta años de Cristo cuando empezó a predicar,
Una edad como cualquier otra, le decía mientras cenábamos
A la luz de las velas
Contemplando el discurrir del río más literario del planeta.
Pero para nosotros el prestigio estaba en otra parte,
En las bandas poseídas por la lentitud, en los gestos
Exquisitamente lentos
Del desarreglo nervioso,
En las camas oscuras,
En la multiplicación geométrica de las vitrinas vacías
Y en el hoyo de la realidad,
Nuestro absoluto,
Nuestro Voltaire,
Nuestra filosofía de dormitorio y tocador.
Como decía, una muchacha inteligente,
Con esa rara virtud previsora
(Rara para nosotros, latinoamericanos)
Que es tan común en su patria,
En donde hasta los asesinos tienen una cartilla de ahorros
y ella no iba a ser menos,
Una cartilla de ahorros y una foto de Tristán Cabral,
La nostalgia de lo no vivido,
Mientras aquel prestigioso río arrastraba un sol moribundo
Y sobre sus mejillas rodaban lágrimas aparentemente gratuitas.
No me quiero morir, susurraba mientras se corría
En la perspicaz oscuridad del dormitorio,
Y yo no sabía qué decir,
En verdad no sabía qué decir,
Salvo acariciarla y sostenerla mientras se movía
Arriba y abajo como la vida,
Arriba y abajo como las poetas de Francia
Inocentes y castigadas,
Hasta que volvía al planeta Tierra
Y de sus labios brotaban
Pasajes de su adolescencia que de improviso llenaban nuestra habitación
Con duplicados que lloraban en las escaleras automáticas del metro,
Con duplicados que hacían el amor con dos tipos a la vez
Mientras afuera caía la lluvia
Sobre las bolsas de basura y sobre las pistolas abandonadas
En las bolsas de basura,
La lluvia que todo lo lava
Menos la memoria y la razón.
Vestidos, chaquetas de cuero, botas italianas, lencería para volverse loco,
Para volverla loca,
Aparecían y desaparecían en nuestra habitación fosforescente y pulsátil,
Y trazos rápidos de otras aventuras menos íntimas
Fulguraban en sus ojos heridos como luciérnagas.
Un amor que no iba a durar mucho
Pero que a la postre resultaría inolvidable.
Eso dijo,
Sentada junto a la ventana,
Su rostro suspendido en el tiempo,
Sus labios: los labios de una estatua.
Un amor inolvidable
Bajo la lluvia,
Bajo ese cielo erizado de antenas en donde convivían
Los artesonados del Siglo XVII
Con las cagadas de palomas del Siglo XX.
Y en medio
Toda la inextinguible capacidad de provocar dolor,
Invicta a través de los años,
Invicta a través de los amores
Inolvidables.
Eso dijo, sí.
Un amor inolvidable
Y breve,
¿Como un huracán?,
No, un amor breve como el suspiro de una cabeza guillotinada,
La cabeza de un rey o un conde bretón,
Breve como la belleza,
La belleza absoluta,
La que contiene toda la grandeza y la miseria del mundo
Y que sólo es visible para quienes aman.
Vi desde la ventana los caballos.
Fue en Berlín, en invierno. La luz
era sin luz, sin cielo el cielo.
El aire blanco como un pan mojado.
Y desde mi ventana un solitario circo
mordido por los dientes del invierno.
De pronto, conducidos por un hombre,
diez caballos salieron a la niebla.
Apenas ondularon al salir, como el fuego,
pero para mis ojos ocuparon el mundo
vacío hasta esa hora. Perfectos, encendidos,
eran como diez dioses de largas patas puras,
de crines parecidas al sueño de la sal.
Sus grupas eran mundos y naranjas.
Su color era miel, ámbar, incendio.
Sus cuellos eran torres
cortadas en la piedra del orgullo,
y a los ojos furiosos se asomaba
como una prisionera, la energía.
Y allí en silencio, en medio
del día, del invierno sucio y desordenado,
los caballos intensos eran la sangre,
el ritmo, el incitante tesoro de la vida.
Miré, miré y entonces reviví: sin saberlo
allí estaba la fuente, la danza de oro, el cielo,
el fuego que vivía en la belleza.
He olvidado el invierno de aquel Berlín oscuro.
No olvidaré la luz de los caballos.
Pablo Neruda
mardi 9 juillet 2019
vendredi 10 mai 2019
tofubeats「RIVER」
un très bon film de Ryusuke Hamaguchi
La bande son qui accompagne le générique de fin ; le clip est avec la même actrice que le film
dimanche 14 avril 2019
vendredi 8 février 2019
dimanche 11 novembre 2018
dimanche 23 septembre 2018
dimanche 26 août 2018
La
fenêtre
J'aurais
menti en disant que c'était par hasard que je rôdais autour de
cette maison.
Revenue
pour la première fois depuis dix ans dans ce village médiéval où
j'avais vécu des heures passionnées et sombres, j'avais la
conviction intime de tenter par ce retour une libération totale des
fantômes enfermés soigneusement dans leurs boites.
J'étais
montée un soir vers le jardin en terrasses, laissant la maison
chaleureuse où la nuit une chauve souris volait silencieusement au
dessus de mon lit, et où dans la journée, après la sieste des
notes de musique s'envolaient délicatement par les fenêtres.
Sur
le chemin raide et sec, quelques bruits de conversation paisible
arrivaient jusqu'à moi : c'était l'heure de l'apéritif ou
tout comme.
Je
tombais finalement sur la propriétaire du lieu comme je l'avais
espéré : c'était une américaine d'une cinquantaine d'année
qui avait transformé la maison en gîte pour pouvoir le louer.
Ce
village que j'avais connu presque désert étaient essentiellement
habité par des touristes aisés, des artistes ou qui se présentaient
comme tels et quelques anciennes familles du crû.
Une
femme extrêmement aimable, avec l'aisance sans façon qu'ont les
américains riches en Europe et en France. Rien de snob ou
sophistiqué dans leur abord , mais comme une certitude qu'on ne peut
que les aimer….
Elle
ignorait complètement mon lien avec sa maison, et après quelques
mots m'incita à la visiter au cas où je serais intéressée pour d'autres vacances.
J'acceptais
bien sûr avec cependant une appréhension coupable.
La
porte d'entrée, surmontée d'une longue pierre couchée volée à un
château en ruines n'avait en rien changé.
En
la franchissant je revis immédiatement la petite chouette qui était
tombée de son nid 10 ans auparavant , et les commentaires de la
sorcière de l'époque qui m'accompagnait, sur les mauvais présages
etc….
L'intérieur
de la pièce principale dans laquelle on arrivait après le couloir
petit et sombre a été repeint en blanc (trop blanc pour cette
lumière implacable) La fenêtre est face à moi.
L’aimable
dame me dit de prendre mon temps qu'elle a deux ou trois légumes à
prendre au jardin. J'approuve sans parler. Je néglige la porte de
droite qui mène à une chambre dans laquelle j'avais mis des rideaux
de satin bleu, et la porte de gauche près d'une niche dans le mur
épais où j'avais posé mes livre,( dans ces vieilles maisons les
pièces se commandent comme dans les châteaux de la Loire.)
La
petite fenêtre, petite par rapport au volume de la pièce, est face
à moi. Je m'en approche et je redécouvre avec émerveillement cette
vue à 30 ou 40 km de distance, aux confins du massif central.
Contre
tout attente mais pas tout espoir, je me sens paisible. Étrangère à
celle qui a souffert ici : oubliés les scorpions qui
terrorisaient la fille de la ville que j'étais, oubliés le froid
glacial de cet hiver là, oubliés la solitude et le chagrin de
l'époque.
Il
ne reste en moi qu'une paix puissante et une joie profonde devant la
beauté des choses.
Le
souffle magique du vent et du paysage me transporte comme la musique
de Mozart à laquelle il m'a toujours fait penser.
Quand
je pense que j'aurais pu mourir là , quelle bêtise !
La
lumière a décru lentement, soulageant la terre et lui permettant
enfin les ombres bleutées.
J'entends
la propriétaire ouvrir la porte (je savais que le jardin était long
à parcourir, tout en terrasses, et difficile d'accès, j'y avais
planté des Iris bleus) : tenez me dit elle en me tendant un
bouquet de lavande ; elle est toute fraîche on vient de la
couper.
Je
veux bien le croire : son parfum fort, trop fort, enivrant comme
l'alcool, me rappelle un jour d'été où je coupais moi même cette
fleur rude et sèche, en compagnie d'un homme dont la tête en avait
tournée.
Mais
ceci est une autre histoire.
mercredi 15 août 2018
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