vendredi 29 novembre 2019
mercredi 4 septembre 2019
Un conte pour l'apocalypse
Un
conte pour l'apocalypse
C'était
un animal puissant , dans la force de l'âge pour son espèce, le
poil gris et brillant, la gorge blanche.
Une
dentition impeccable à faire frémir un dentiste.
Il
était né dans les Apennins, cette partie d'Italie proche de la
frontière. Il connaissait l'histoire de Rome et de l'une de ses
ancêtres, il connaissait aussi malheureusement beaucoup d'histoires
tristes qui parlaient de lui et des siens, pourchassés, décimés,
au point de disparaître presque complètement de la surface de la
terre.
Il
était pris non pas de colère, mais d'une forme de grande lassitude
en pensant à tous ces mensonges
Prenons
par exemple le petit chaperon rouge.
Combien
de fois n'y avait il pas pensé en le rencontrant sous diverses
formes toutes plus craquantes les unes que les autres.
Ce
n'était pas lui qui avait été les chercher, encore moins lui qui
avait mangé leur grand-mère (enfin quoi ! Il respectait les
personne âgées).
C'était toujours elles brunes blondes ou rousses qui s'étaient mises volontairement en travers de son chemin……..toutes avec l'espoir de l'apprivoiser définitivement.
C'était toujours elles brunes blondes ou rousses qui s'étaient mises volontairement en travers de son chemin……..toutes avec l'espoir de l'apprivoiser définitivement.
L'une
d'entre elle avait failli y parvenir…..et il en avait encore les
larmes aux yeux de tendresse.
Enfin
bref, il voulait partir, découvrir d'autres terres avoir un nouveau
départ.
Il
avait un pincement au cœur en quittant l'Italie et ce professeur qui
avait prédit qu'un jour lui et ses congénères envahiraient
Florence…...mais tant pis ...il verrait bien.
Il
prépara deux trois choses qu'il voulait garder et jetant un dernier
regard de la colline où il se trouvait, d'un bond puissant s'enfonça
dans les fourrés qui rejoignaient la forêt.
Le
loup était parti.
Il
avait choisi de faire un voyage sans contraintes et n'avait pas
prévu d'itinéraire particulier, excepté bien sur ceux qui lui
feraient prendre de trop gros risques.
Il
était conscient qu'en laissant sa contrée natale derrière lui,
ainsi que sa meute, il multipliait les aléas. Mais peu lui
importait : il avait encore une grande confiance en lui et en
ses capacités mentales et physiques,, à juste raison.
Il
décida de remonter vers le nord, il passerait la frontière par un
col dont il avait entendu parler, et qui en cette
saison était peu fréquenté et d'ailleurs fermé aux véhicules
routiers.
Ces
drôles de bêtes à moteur que conduisaient les hommes et qui
bientôt allaient les étouffer de gaz d'échappement.
Il
chemina sans problème, se désaltérant à l'eau courante d'un
torrent ( ah ça lui rappelait le loup et 'agneau!!!! d'un dénommé
La Fontaine)
se
nourrissant de campagnols, oiseaux, écureuils ou renard).
Petit
à petit, la mousse laissait la place à la pierre lisse, les herbes
et campanules bleues et roses, à une prairie rase .
les
grands dévers de rochers impressionnants et leurs rhododendrons
annonçaient un sommet ou un col.
C'était
le cas, il sentit l'odeur de la neige dans le vent qui se levait
brutalement ; la nuit était en train de tomber. Il pris la
décision de s'arrêter là couché dans les rhododendrons, raides
pris individuellement, mais souples arrondis en nombre sous son
échine lourde et musclée.
En
plus il y avait ce parfum moitié fleur, moitié fruit qu'il aimait
profondément.
Il
fut réveillé par des chuchotements, des pas traînant et une voix
qui disait non, non pas là il faut passer le col.
Des
hommes approchaient, malgré son regard perçant, il ne les
distinguait pas.
Tout
à coup, il vit deux ombres, grandes toutes les deux, vêtues de
pantalons et veste.
Il
était étonné de la légèreté des pas . Généralement les
montagnards sont chaussés assez lourdement, et leur pas résonne
dans le fond de la terre.
Il
resta immobile, prêt à déguerpir s'il le fallait.
Les deux hommes plutôt grands, passèrent, leurs pas et leurs silhouettes se fondant dans la nuit.
Les deux hommes plutôt grands, passèrent, leurs pas et leurs silhouettes se fondant dans la nuit.
Le
lendemain à l'aube, le loup se réveilla avec une impression de
danger qui lui fit se hérisser le poil, et froncer les babines.
Il
prit le vent, très froid et ayant senti une odeur d'homme, reprit
son chemin prudemment.
Quelques
mètre avant le col , il vit un corps allongé qui semblait dormir
mais au milieu du chemin ,tout de même !
Il
s'approcha à pas de loup, naturellement, et il vit un homme jeune
inanimé. Il s'approcha, le lécha, il n'était pas froid un
sentiment de pitié l'envahit et il décida de le traîner devant la
petite cabane du col.
L'homme
n'était pas très lourd, mais encombrant, il le déposa devant la
porte non s'en l'avoir lécher à nouveau, jusqu'à le sentir frémir,
et même vaguement soupirer. Il s'en fut alors en courant, mais
malencontreusement fit tomber une sorte de boite de conserve qui se
trouvait sous ce qu'il pensa être une gouttière.
Du
bruit se fit entendre dans la cabane, au loin déjà derrière lui
il entendit des exclamations : des paroles ….il ralentit pour
écouter ; ils avaient trouvé le jeune homme, ils allaient
s'occuper de lui.
Malheureusement
pour le loup, le groupe n'était pas homogène : l'un des
protagonistes s'exclama ...mais c'est quoi ces traces ?? un
loup !!! et le voila de courir chercher son fusil et en hurlant
se lancer à la poursuite de l'animal.
Heureusement
ses capacités de coureur était moindre que celles du loup qui lui
échappa et reprit son chemin sous le couvert d'une forêt encore
petite mais suffisante pour lui.
Dans
l'après midi, il se reposa non loin de fermes, et il comprit qu'il
avait franchit la frontière car le bruit que faisait les hommes avec
la bouche avait changé de sonorité.
Il
était en France : cela lui convenait ; il avait toujours
eu envie de voir Paris, lui qui venait,
ou tout comme d'une capitale aussi belle, Rome.
ou tout comme d'une capitale aussi belle, Rome.
à suivre......
mardi 23 juillet 2019
Elle avait enfin obtenu cette rencontre, cet interview comme on dit en français.
Elle n'y croyait pas encore tout à fait, une sorte de superstition douteuse lui nouait l'estomac.
Néanmoins, elle partit, juste avec son mobile, et un carnet au cas où il serait trop effarouché.....
La maison dans une rue tranquille était bien telle que sa mère lui avait décrite ni imposante, ni particulièrement belle : un peu triste et humide par ce jour d'automne pluvieux.
Le jardin était minuscule et à l'abandon, le perron blanc encore se frayant un chemin à travers les buissons un peu poussiéreux et déplumés.
Elle détestait le buis, ce buisson qui évoquait pour elle des feux plein d'étincelles dans la Drôme, et non pas ces vieux machins sans odeur, même pas bons pour un cimetière.
Finalement elle était de très mauvaise humeur et ce ne fut que cette vieille habitude bue avec le lait maternel, du respect humain qui la fit entrer.
La porte un peu vermoulue était entr'ouverte, elle la poussa découvrit sans surprise l'escalier qui montait et les deux portes imposantes de part et d'autre de l'entrée, carrelée en blanc et noir.
Elle frappa à la porte de droite, puis l'ouvrit sans attendre de réponse :
il était là : immobile derrière un bureau encombré et devant la cheminée surmontée de l'inévitable miroir .
Il la regarda de derrière ses grosses lunettes d'un regard perçant, en contradiction avec le vague sourire sur ses lèvres.
Il lui fit signe de s'asseoir et lui dit seulement ceci :
Quel dommage, Luce, vous êtes venue trop tard.
Elle faillit protester puis dans le même temps elle comprit.
Elle sut que oui c'était trop tard, il avait raison, elle n'aurait jamais dû venir.....
Au moment ou elle allait franchir la porte à nouveau, il ajouta seulement ceci : j'ai bien aimé votre lumière....
Ah non, elle savait bien qu'il ne fallait pas venir.....maintenant elle allait pleurer dans son cœur :
pour combien de temps ?
Elle n'y croyait pas encore tout à fait, une sorte de superstition douteuse lui nouait l'estomac.
Néanmoins, elle partit, juste avec son mobile, et un carnet au cas où il serait trop effarouché.....
La maison dans une rue tranquille était bien telle que sa mère lui avait décrite ni imposante, ni particulièrement belle : un peu triste et humide par ce jour d'automne pluvieux.
Le jardin était minuscule et à l'abandon, le perron blanc encore se frayant un chemin à travers les buissons un peu poussiéreux et déplumés.
Elle détestait le buis, ce buisson qui évoquait pour elle des feux plein d'étincelles dans la Drôme, et non pas ces vieux machins sans odeur, même pas bons pour un cimetière.
Finalement elle était de très mauvaise humeur et ce ne fut que cette vieille habitude bue avec le lait maternel, du respect humain qui la fit entrer.
La porte un peu vermoulue était entr'ouverte, elle la poussa découvrit sans surprise l'escalier qui montait et les deux portes imposantes de part et d'autre de l'entrée, carrelée en blanc et noir.
Elle frappa à la porte de droite, puis l'ouvrit sans attendre de réponse :
il était là : immobile derrière un bureau encombré et devant la cheminée surmontée de l'inévitable miroir .
Il la regarda de derrière ses grosses lunettes d'un regard perçant, en contradiction avec le vague sourire sur ses lèvres.
Il lui fit signe de s'asseoir et lui dit seulement ceci :
Quel dommage, Luce, vous êtes venue trop tard.
Elle faillit protester puis dans le même temps elle comprit.
Elle sut que oui c'était trop tard, il avait raison, elle n'aurait jamais dû venir.....
Au moment ou elle allait franchir la porte à nouveau, il ajouta seulement ceci : j'ai bien aimé votre lumière....
Ah non, elle savait bien qu'il ne fallait pas venir.....maintenant elle allait pleurer dans son cœur :
pour combien de temps ?
jeudi 18 juillet 2019
La francesa de Roberto BolanoLA FRANCESA
Una mujer inteligente.
Una mujer hermosa.
Conocía todas las variantes, todas las posibilidades.
Lectora de los aforismos de Duchamp y de los relatos de Defoe.
En general con un auto control envidiable,
Salvo cuando se deprimía y se emborrachaba,
Algo que podía durar dos o tres días,
Una sucesión de burdeos y valiums
Que te ponía la carne de gallina.
Entonces solía contarte las historias que le sucedieron
Entre los 15 y los 18.
Una película de sexo y de terror,
Cuerpos desnudos y negocios en los límites de la ley,
Una actriz vocacional y al mismo tiempo una chica con extraños rasgos de avaricia.
La conocí cuando acababa de cumplir los 25,
En una época tranquila.
Supongo que tenía miedo de la vejez y de la muerte.
La vejez para ella eran los treinta años,
La Guerra de los Treinta Años,
Los treinta años de Cristo cuando empezó a predicar,
Una edad como cualquier otra, le decía mientras cenábamos
A la luz de las velas
Contemplando el discurrir del río más literario del planeta.
Pero para nosotros el prestigio estaba en otra parte,
En las bandas poseídas por la lentitud, en los gestos
Exquisitamente lentos
Del desarreglo nervioso,
En las camas oscuras,
En la multiplicación geométrica de las vitrinas vacías
Y en el hoyo de la realidad,
Nuestro absoluto,
Nuestro Voltaire,
Nuestra filosofía de dormitorio y tocador.
Como decía, una muchacha inteligente,
Con esa rara virtud previsora
(Rara para nosotros, latinoamericanos)
Que es tan común en su patria,
En donde hasta los asesinos tienen una cartilla de ahorros
y ella no iba a ser menos,
Una cartilla de ahorros y una foto de Tristán Cabral,
La nostalgia de lo no vivido,
Mientras aquel prestigioso río arrastraba un sol moribundo
Y sobre sus mejillas rodaban lágrimas aparentemente gratuitas.
No me quiero morir, susurraba mientras se corría
En la perspicaz oscuridad del dormitorio,
Y yo no sabía qué decir,
En verdad no sabía qué decir,
Salvo acariciarla y sostenerla mientras se movía
Arriba y abajo como la vida,
Arriba y abajo como las poetas de Francia
Inocentes y castigadas,
Hasta que volvía al planeta Tierra
Y de sus labios brotaban
Pasajes de su adolescencia que de improviso llenaban nuestra habitación
Con duplicados que lloraban en las escaleras automáticas del metro,
Con duplicados que hacían el amor con dos tipos a la vez
Mientras afuera caía la lluvia
Sobre las bolsas de basura y sobre las pistolas abandonadas
En las bolsas de basura,
La lluvia que todo lo lava
Menos la memoria y la razón.
Vestidos, chaquetas de cuero, botas italianas, lencería para volverse loco,
Para volverla loca,
Aparecían y desaparecían en nuestra habitación fosforescente y pulsátil,
Y trazos rápidos de otras aventuras menos íntimas
Fulguraban en sus ojos heridos como luciérnagas.
Un amor que no iba a durar mucho
Pero que a la postre resultaría inolvidable.
Eso dijo,
Sentada junto a la ventana,
Su rostro suspendido en el tiempo,
Sus labios: los labios de una estatua.
Un amor inolvidable
Bajo la lluvia,
Bajo ese cielo erizado de antenas en donde convivían
Los artesonados del Siglo XVII
Con las cagadas de palomas del Siglo XX.
Y en medio
Toda la inextinguible capacidad de provocar dolor,
Invicta a través de los años,
Invicta a través de los amores
Inolvidables.
Eso dijo, sí.
Un amor inolvidable
Y breve,
¿Como un huracán?,
No, un amor breve como el suspiro de una cabeza guillotinada,
La cabeza de un rey o un conde bretón,
Breve como la belleza,
La belleza absoluta,
La que contiene toda la grandeza y la miseria del mundo
Y que sólo es visible para quienes aman.
Vi desde la ventana los caballos.
Fue en Berlín, en invierno. La luz
era sin luz, sin cielo el cielo.
El aire blanco como un pan mojado.
Y desde mi ventana un solitario circo
mordido por los dientes del invierno.
De pronto, conducidos por un hombre,
diez caballos salieron a la niebla.
Apenas ondularon al salir, como el fuego,
pero para mis ojos ocuparon el mundo
vacío hasta esa hora. Perfectos, encendidos,
eran como diez dioses de largas patas puras,
de crines parecidas al sueño de la sal.
Sus grupas eran mundos y naranjas.
Su color era miel, ámbar, incendio.
Sus cuellos eran torres
cortadas en la piedra del orgullo,
y a los ojos furiosos se asomaba
como una prisionera, la energía.
Y allí en silencio, en medio
del día, del invierno sucio y desordenado,
los caballos intensos eran la sangre,
el ritmo, el incitante tesoro de la vida.
Miré, miré y entonces reviví: sin saberlo
allí estaba la fuente, la danza de oro, el cielo,
el fuego que vivía en la belleza.
He olvidado el invierno de aquel Berlín oscuro.
No olvidaré la luz de los caballos.
Pablo Neruda
mardi 9 juillet 2019
vendredi 10 mai 2019
tofubeats「RIVER」
un très bon film de Ryusuke Hamaguchi
La bande son qui accompagne le générique de fin ; le clip est avec la même actrice que le film
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